Le 18 août, Précieuse s’est assise au centre pour écrire à son parrain et à sa marraine. Elle avait vu à la télévision la canicule qui frappait la France.

J’ai vu à la télévision qu’il y a canicule en France, les gens meurent et plusieurs maisons sont brûlées. J’espère que vous n’êtes pas en danger.
Précieuse, Kinshasa, 18 août 2026
Papa Vincent, je vous informe que j’ai passé la classe avec 58,1 %. Je vais faire la science infirmière… un jour peut-être je vous soignerai, quand j’aurai fini mes études d’infirmière.
Elle ne demande rien pour elle : elle s’inquiète pour eux.
Précieuse veut étudier les sciences infirmières, à l’école de la Croix-Rouge, où sont déjà passées d’autres jeunes de MONIELO — Fanny et Georgette, entre autres.
Ce choix a mis cinq mois à se former. En mars, sa fiche d’entretien disait : « Très souvent, elle nous parle de la construction, elle souhaite étudier l’architecture et être ingénieure en bâtiment. Il lui arrive aussi de dire qu’elle aimerait soigner les malades. » Entre mars et août, la seconde option a pris le dessus sur la première.
Précieuse vit au centre car elle est orpheline, et la seule personne qui puisse s’occuper d’elle est son grand-père, qui ne travaille plus et n’a pas de logement sûr où l’héberger. L’éducateur a donné cette précision : c’est MONIELO qui fait office de famille, sur tous les plans. Nous veillons malgré tout à ce qu’elle garde le lien avec son grand-père.
Trois réussites à l’examen d’État
Juillet a été un bon mois. Jireh décroche 73 % à l’examen d’État — l’équivalent congolais du baccalauréat. Patricia obtient 70 % en option mathématiques-physique, l’une des plus exigeantes du cursus. Noella, 63 % en latin-philosophie. Trois candidats présentés, trois diplômes.
Vous payez des frais scolaires depuis des années sans toujours voir ce qu’ils produisent. Voilà un résultat concret.
La rentrée se joue sur un acompte
À Kinshasa, un acompte est nécessaire pour chaque enfant. Dans certaines écoles, il ne figure pas sur les listes d’examen sans cet acompte.
| Élève | Classe | École | Acompte | État |
|---|---|---|---|---|
| Bénie | 4e | Saint Michel | 450 $ | payé |
| Emmanuel | 4e | Saint Michel | 450 $ | en attente |
| Parfaite | 3e | Saint Michel | 300 $ | en attente |
| Jordi | 9e | Saint Michel | 300 $ | en attente |
| Shukrani | 7e | Omisalisa | 300 $ | en attente |
| Reste à couvrir | 1 350 $ |
S’y ajoutent Gabriella et Consolate, rentrées à Marcello Zago, pour 345 $.

Emmanuel
Emmanuel entre en quatrième des humanités à Saint Michel : l’année du diplôme d’État. Sa famille n’a pas de logement à elle depuis l’inondation de 2024 ; sa mère cherche du travail et ne peut pas, aujourd’hui, prendre en charge sa scolarité.

Emmanuel veut étudier le droit et devenir magistrat.
Gabriella et Consolate
Gabriella a passé de classe avec 63 %, sa sœur Consolate avec 60 % en section littéraire. Gabriella entre en première humanités commerciale. Elle veut devenir comptable.

Depuis le 20 juillet, les deux sœurs vivent au centre d’hébergement de MONIELO, leur mère n’étant plus en mesure de payer un loyer.

Le 18 août, Gabriella a écrit à sa marraine. Sa lettre commence ainsi :
« J’ai appris par le canal de papa Henri un décès dans votre famille, une personne qui vous était chère. Je sais que c’est trop dur pour vous, mais courage, maman Pauline. Je ne sais pas quoi dire pour consoler votre cœur. »
Gabriella, 18 août 2026
Ce n’est qu’ensuite, presque en s’excusant, qu’elle mentionne le sac, l’uniforme et les fournitures qui lui manquent encore.


Au centre d’hébergement
Le 4 septembre, le centre a reçu son ravitaillement : un sac de cossettes de manioc — le fufu —, un sac de charbon de bois, un sac de patates douces et vingt chikwangues, ces pains de manioc fermenté enveloppés dans des feuilles. Le tout acheté à bon prix non loin de la ferme MONIELO. Les enfants et l’équipe ont passé la journée à trier les cossettes et les patates douces, au couteau, tubercule par tubercule.




Un tiers du sac de patates douces était pourri et a dû être écarté : la patate douce supporte mal l’attente sans local sec, là où le manioc, une fois séché en cossettes, se conserve sans difficulté. C’est la leçon de cette livraison — la prochaine fois, moins de patates et plus de cossettes.
Ce ravitaillement arrive par le camion de l’association, qui monte de la ferme au centre environ une fois par mois. Le même véhicule qui transporte pour les commerçants de Kinshasa nourrit donc les enfants du centre ; nous y revenons dans notre lettre consacrée à la ferme. Ce camion, financé par un don du Rotary de Charleroi, permet aussi de relancer le projet de coopérative Les Femmes Fortes, au plateau des Batéké.



Une marraine à la ferme
Maman Sylvaine est la marraine de Shukrani. Pendant son séjour à Kinshasa, elle est venue passer deux jours à la ferme avec elle.

C’est le moment où le parrainage cesse d’être abstrait. Si vous envisagez un jour de faire le voyage, dites-le-nous : ces visites comptent autant pour les enfants que pour ceux qui les font.


Alice, quatrième année de médecine
Les acomptes, les soldes, les uniformes, les sacs de fufu : tout cela ne se mesure pas sur une rentrée. Cela se mesure dix ans plus tard.
Alice est en quatrième année de médecine à l’université Bel Campus, à Kinshasa. Elle y étudie aux côtés de Brazelle, elle aussi étudiante en médecine, qui vient d’entrer en troisième année. Alice est entrée dans le programme de parrainage il y a une dizaine d’années ; son parrain et sa marraine, papa Christophe et maman Brigitte, vivent en Europe, sont originaires de RDC et la voient chaque fois qu’ils s’y rendent.



Son père se déplace en fauteuil roulant. Le fauteuil est usé jusqu’à l’armature et doit être remplacé ; son remplacement est financé par maman Marie-Josée, infirmière retraitée vivant en Belgique, rencontrée tout à fait par hasard en juin, lors d’une escale à Addis-Abeba. Ce père-là n’a jamais manqué une réunion de parents à l’école Saint Georges où étudiait Alice en primaire et en secondaire.


Quand un parrain demande à quoi sert son virement, c’est la réponse la plus longue à donner et la plus courte à montrer : une blouse blanche dans un laboratoire de Kinshasa.
Ce qu’il nous manque : l’aide alimentaire
Le coût de la vie augmente à Kinshasa, et beaucoup de familles n’arrivent plus à se nourrir correctement. Grâce à vous, les enfants du centre sont à l’abri de la faim. Ce n’est pas le cas des enfants parrainés qui vivent en dehors du centre, dans leur famille monoparentale ou chez des proches.
Pour eux, nous voulons reprendre les distributions alimentaires depuis le centre d’hébergement. Nous l’avions déjà fait par le passé, et nous espérions ne plus avoir à le faire ; la réalité nous oblige à revoir nos plans. Si les fonds le permettent, nous aimerions aussi redonner aux enfants quelques sorties.
Si vous êtes imposable en France, un don de 100 € vous revient à 34 € après réduction d’impôt.
Merci de ce que vous rendez possible.
Toute l’équipe de MONIELO — Kinshasa et Paris